Comité de direction


L’ERCA est la continuité de l’Équipe de recherche sur les spiritualités amérindiennes et inuit (ERSAI) dirigée par Robert Crépeau de 2005 à 2020. À partir de 2020, jusqu’en janvier 2026, Laurent Jérôme a pris la direction de l’équipe en tant que chercheur principal. Actuellement, la direction est assumée par un Comité de direction intérimaire, constitué de Robert Crépeau, Émile Duchesne, Benoit Éthier et Ingrid Hall.

Robert Crépeau

Université de Montréal (UdeM)

Mon principal champ d’intérêt et de recherche est celui des études autochtones. J'ai réalisé un premier terrain de recherche chez les Achuar d'Amazonie péruvienne et je travaille depuis en collaboration avec les Kaingang du Brésil méridional. Je m'intéresse à l'expression cosmopolitique des revendications territoriales et identitaires. Récits, mythes et rites constituent pour moi les matériaux de prédilection pour comprendre et décrire la logique interne des pratiques de ces sociétés. Au cours des dernières années, j'ai publié des articles consacrés à l'organisation sociale dualiste kaingang décrite à la lumière de leurs pratiques rituelles contemporaines, à la pratique du chamanisme et aux dynamiques cosmojuridiques autochtones contemporaines en contexte de pluralisme religieux.

Émile Duchesne

Université Laval

Mes recherches principales portent sur la cosmologie et l’histoire des Innus de la Basse-Côte-Nord au Québec. Dans un premier temps, mes expériences à la chasse en forêt et mes rencontres avec des aînés détenteurs de savoirs m’ont amené à m’intéresser aux relations humaines et extra-humaines que la chasse permet de soutenir. Ce premier grand chantier de recherche forme la base de ma première monographie, Hunting in a Hierarchy of Life, actuellement sous contrat chez McGill-Queen’s University Press. Mon expérience de terrain a par la suite été approfondie par des recherches dans les archives afin de mieux comprendre les transformations des institutions sociales des Innus dans la foulée de l’adoption du catholicisme. Une dimension importante de cette démarche est de mettre en dialogue les archives avec l’histoire orale et les savoirs historiques des Innus.

Mon projet actuel, le projet Atanukana, est mené en partenariat avec l’Institut Tshakapesh, l’institut culturel et éducatif des Innus du Québec. Ce projet vise à mettre sur pied une plateforme numérique pour valoriser les enregistrements et transcriptions des récits mythiques de la tradition orale innue. En consultant les ayants-droits de ces documents dans les différentes communautés innues du Québec, notre projet entend documenter leur contexte de production et l’actualité de ce patrimoine immatériel auprès des détenteurs de la tradition orale.

En parallèle, je m’intéresse à la tradition orale et au rapport à l’environnement des québécois du Saguenay-Lac-Saint-Jean ainsi qu’à l’histoire de l’anthropologie au Québec.

Équipe de coordination

Cécilia Dubois (Coordination Générale)

Université de Montréal, Maîtrise en Etudes Internationales.

Spiritualité innue, études autochtones, femmes autochtones, cosmologies autochtones

(pôle UQÀM)

A venir

Florian Lebret (pôle ULAVAL)

Université de Laval, Doctorat en anthropologie

Benoit Éthier

Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Benoit Éthier est professeur à l'École d'études autochtones et directeur du Laboratoire de cartographie participative à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). Ses recherches portent sur la cartographie participative, la transmission des savoirs territoriaux et les droits des peuples autochtones, notamment la nation Atikamekw.

Études autochtones, Enjeux territoriaux, Savoirs autochtones, Relations interculturelles, Droits coutumiers

Ingrid Hall

Université de Montréal

La gestion des ressources naturelles est au cœur de mes préoccupations, que ce soit l'eau, la terre ou maintenant la diversité biologique. Je m'intéresse à la façon dont les pratiques (gestion, techniques et savoir-faire) permettent de mieux comprendre les rapports des hommes entre eux, et ceux qu'ils établissent avec leur environnement. Mes terrains sont avant tout péruviens et andins, mais je m'intéresse de plus en plus aux arènes globalisées dédiées à la gouvernance de l'agrobiodiversité.

Le premier porte sur la gestion des biens communs dans les communautés paysannes andines et s'inscrit dans la continuité du travail de thèse. Il s'agit de comprendre comment s'est imposée puis concrétisée l'idée que les communautés paysannes des Andes péruviennes reposent en premier lieu sur une gestion commune de la terre. L'ethnographie réalisée dans la communauté paysanne de Llanchu (Calca, région de Cusco, Pérou) montre le processus de formation d'une communauté créée après la réforme agraire de 1969. Au terme de cette analyse, il apparaît que la communauté légalement constituée a pris véritablement corps d'un point de vue sociologique et anthropologique autour de la gestion de la terre, selon les normes administratives édictées depuis la réforme agraire. Ce cas permet donc de penser autrement les communautés paysannes contemporaines, trop souvent appréhendées comme des rémanences du passé préhispanique, ou alors comme des fausses communautés. Le cinquantième aniversaire de la réforme agraire en 2020 et l'élection de Pedro Castillo, qui se présente comme un "paysan", mettent en évidence l'importance de s'intéresser aux communautés formés suite à la réforme, lesquelles ne correspondent pas à l'image "traditionelle" qui leur est trop souvent associée.

Le second projet est parti d'une étude de la conservation de la biodiversité de la pomme de terre au sein du Parc dédié à ce tubercule et situé à Pisac (Cusco, Pérou). Ce parc est la plus grande aire de conservation in situ d'agrobiodiversité aux mains de populations locales. La projet a d'abord porté sur les trois acteurs institutionnels qui font le parc, à savoir les communautés locales rassemblées en une association, l'ONG ANDES et le Centre international de la pomme de terre basé à Lima. Dans une nouvelle phase, je m'intéresse à la façon dont les normes internationales en matière de protection de la biodiversité et de protection des droits des populations indigènes entraîne une reformulation du positionnement des paysans tant au niveau national qu'international. Je m'intéresse ainsi à la constitution de droits bioculturels.