2025
Rencontre avec Jean-Christophe Goddard (U. Toulouse 2)
et Laurent Jérôme (UQÀM – ERCA)
Salle Chevrier (3e étage, n°319), bâtiment Droit-Lettres, université de Bourgogne, de 15h à 18h, entrée libre
Séance en comodal.
Horaire : 9h-12h Montréal / 15h-18h Dijon.
Séance organisée en collaboration avec l’Équipe de Recherche sur les Cosmopolitiques Autochtones
(ERCA, Québec) et animée par Caroline Darroux et Jean-Louis Tornatore.
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Après un essai de « résonance » envisagé depuis la « résurgence autochtone » – comment « résonnent » les philosophies autochtones dans les pensées actuelles de l’écologie et du vivant ? –, puis une focale sur les « pensées décoloniales » promouvant une critique de la modernité euro-occidentale depuis les terres des Amériques soumises au colonialisme de peuplement et d’extraction, avec ce troisième volet, nous proposons de centrer notre réflexion sur le devenir anticolonial de l’anthropologie. Ce mouvement est sans doute amorcé depuis quelques lustres, mais il a pris une tournure singulière autant avec le « tournant ontologique » qu’avec les critiques parfois sévères que cette orientation a suscitées, mettant l’anthropologie en demeure de penser sa légitimité, sa place et son engagement à l’égard des peuples autochtones, ceux-là même qui ont été ses objets et, en un sens, ses sujets.
Qualifier ce devenir d’anticolonial, c’est à la fois prendre acte de ce que « la décolonisation n’est pas une métaphore »[1] et qu’elle doit épouser en premier lieu les luttes des autochtones pour la restitution de leurs vies et de leurs terres, et refuser de s’enfermer dans un débat désinvolte, stérile et parfaitement auto-euro-centré prétendant distribuer des bons et des mauvais points en droiture ou imposture intellectuelle[2]. Et nous reprenons alors volontiers la proposition de Max Liboiron, scientifique autochtone michif au Canada : « Il existe toutes sortes de manières de pratiquer une science anticoloniale ; en plus des sciences autochtones, il existe aussi des sciences queer, féministes, afro-futuristes, ainsi que des rapports spirituels à la terre qui sont anticoloniaux. Anticolonial sert ici à décrire la diversité des méthodes, des positionnalités et des obligations qui nous permettent de “se tenir avec” les uns et les autres, en recherchant ensemble à établir de bonnes relations au territoire au sens large »[3]. En sorte que « se tenir avec les uns » et les autres, c’est-à-dire refuser d’endosser ou de reproduire les tendances des instances colonisatrices à s’arroger le droit aux Terres, aux cultures, aux concepts, aux savoirs et aux modes de vie autochtones (ibid.), suppose en l’occurrence la prise en compte d’un double mouvement : celui initial d’un retour d’anthropologie, au sens très concret de retour de bâton, et celui consécutif d’un désengagement en forme ultime d’engagement à laisser les premiers concernés occuper les espaces politiques et académiques[4].
Le premier mouvement a été pointé par Roy Wagner, sous l’expression d’« anthropologie inverse »[5], poursuivi par Eduardo Viveiros de Castro comme « alter » ou « contre-anthropologie », soit une « anthropologie placée en travers de la nôtre »[6] qui, contrevenant au mot d’ordre se voulant généreux de faire valoir le « point de vue de l’indigène », le lui jette à la face, laissant entendre que les « indigènes » devenus « autochtones » – par la vertu de la reconnaissance onusienne – ont des préoccupations qui regardent moins la théorisation et la spéculation que la récupération de leurs vies. Dans un livre récent et important, Ce sont d’autres gens. Contre-anthropologies décoloniales du monde blanc (Marseille, Wildproject, 2024, le philosophe Jean-Christophe Goddard prend le parti d’explorer les formes d’anthropologie inverse en Afrique et en Amazonie et, à l’appui d’œuvres philosophiques, cosmopolitiques ou littéraires (Fabien Eboussi Boulaga, Davi, Kopenawa, Sony Labou Tansi, Patrice Yengo, Aimé Césaire…) et au prix du geste paradoxal d’une écriture exigeante, montre que la critique de l’homme blanc à laquelle elles se livrent tire sa puissance politique de leurs dimensions orale et performative. Inversion totale : les fous sont bien les maîtres lorsque, écume aux lèvres, ils prennent possession des corps autochtones.
Ce positionnement hors de l’écrit est alors ce à quoi est renvoyé l’anthropologue lorsque pris dans le deuxième mouvement – un retour du retour –, il prend au mot la notion d’altérité comme une tension vers l’altruisme jusqu’à la suspension sinon l’oubli du projet de sa discipline – comme si une discipline pouvait être un projet ! Ainsi depuis 2016, l’anthropologue Laurent Jérôme anime avec le directeur de l’école secondaire de la communauté Atikamekw de Manawan (Québec), Sakay Ottawa, le projet Matakan, projet qui s’est donné pour objectif l’autochtonisation de l’éducation et l’organisation, chaque été, de camps de transmission de savoirs en forêt à destination des jeunes Atikamekw du secondaire[7]. La signification de Matakan, en langue atikamekw, soit « lieu de passage, de transition », laisse bien entendre un changement de rôle, à terme, et nécessairement l’abandon d’une posture d’autorité – au moins un partage d’autorité, dans une relation à parts égales. L’anthropologie, qui n’a guère été jusqu’ici une science altruiste, y gagnerait-elle de quoi survivre aux renvois cinglants des contre-anthropologies ?
Poser l’anthropologie contre les contre-anthropologies, soit mettre le singulier de l’une à l’épreuve du pluriel des autres, interroge ses conditions de possibilité aujourd’hui, devant la permanence de la perspective anticoloniale…
Pour dénouer les linéaments de ces deux mouvements, nous aurons le plaisir d’accueillir et d’entendre Jean-Christophe Goddard, professeur de philosophie à l’Université de Toulouse 2 Jean Jaurès, et Laurent Jérôme, professeur d’anthropologie au département de sciences de religions de l’Université du Québec à Montréal et directeur de l’Équipe de Recherche sur les Cosmopolitiques Autochtones (en visio depuis Montréal)
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[1] Eve Tuck et K. Wayne Yang, La décolonisation n’est pas une métaphore, Sète, Éditions Ròt-Bò-Krik, 2022.
[2] Comme voudrait nous y inviter un livre médiocre dont la traduction en français est récemment parue : Collectif, Critique de la raison décoloniale. Sur une contre-révolution intellectuelle (Paris, L’échappée, 2024). En contrepoint, vous pouvez lire l’excellent Pensées décoloniales. Une introduction aux théories critiques d’Amérique latine de Philippe Colin et Lissel Quiroz (Paris, La Découverte, Zones, 2023) ou, si vous êtes pressé, l’article de Philippe Colin dans le Vocabulaire critique et spéculatif des transitions, “Critiques latinoaméricaines de la raison coloniale : vers une nouvelle écologie des savoirs” (2024).
[3] Max Liboiron, Polluer, c’est coloniser, Paris, Éditions Amsterdam, 2024, p. 77.
[4] Nous suivons ici la proposition de l’anthropologue brésilienne Alicida Rita Ramos, « Disengaging Anthropology », in Deborah Poole (ed.), A Companion to Latin American Anthropology, Oxford, Blackwell Publishing, 2008.
[5] Roy Wagner, L’invention de la culture, Bruxelles, Zone Sensible, 2014 [1975], p. 44.
[6] Eduardo Viveiros de Castro, Politique des multiplicités. Pierre Clastres face à l’État, Bellevaux, Éditions Dehors, 2019, p. 92 ; Métaphysiques cannibales. Lignes d’anthropologie post-structurale, Paris PUF, 2009, p. 44.
[7] Laurent Jérôme, Sakay Ottawa, Marie-Christine Petiquay, « Projet Matakan : Autochtonisation de l’éducation et affirmation territoriale par l’enseignement en forêt pour les jeune Atikamekw du secondaire », Revue de la persévérance et de la réussite scolaire chez les Premiers Peuples, vol. 4, 2021, p. 34-37.
Site Internet : https://www.facebook.com/ProjetMatakan/?locale=fr_FR
Midi-Conférence - Pierre Walckiers
Lieu : UQAM au local W-3235
Date : 10 mars 2025
Heure : 12h30 - 14h00
Nous avons le plaisir de vous inviter à la midi conférence de Pierre Walckiers, doctorant aspirant F.R.S.-FNRS au Centre de philosophie du droit de l’UCLouvain et collaborateur scientifique au laboratoire EcoLAWgy de l’Université de Liège en ce moment en séjour de recherche à l’Université de Montréal. Cette présentation est intitulée « Ce à quoi les droits nous obligent : le souci d’une approche cosmopolitique du droit et des savoirs » et aura lieu à l’UQAM au local W-3235 le 10 mars 2025 de 12h30 à 14h00. Au plaisir de vous voir nombreux !
Résumé : Suivant une lecture cosmopolitique du droit et inspiré par Stengers (2022) et Latour (2015), cette contribution explore la nécessité éthique et les ouvertures interprétatives du droit face à la diversité des savoirs et régimes de vérité. Cette démarche cosmopolitique dénonce que, alors présentée comme universelle, l’énonciation des droits humains et du droit international demeure marquée par l’hégémonie du langage occidental, un humanisme néolibéral et la disqualification des savoirs autres que ceux de la science positiviste (Arvidsson & Jones, 2024). Deux régimes juridiques sont analysés sous cet angle critique. D’une part, le droit international sur l’accès et le partage des ressources phytogénétiques (Convention sur la diversité biologique, Traité sur les semences) et les négociations sur les informations de séquences génétiques qui témoignent d’un mépris pour les savoirs traditionnels. Ils adoptent une vision scientifique occidentale des plantes comme simples lignes de gènes, librement accessibles et exploitables, souvent sans le consentement des communautés qui en sont les gardiennes (Oguamanam, 2022). D’autre part, le régime de la propriété intellectuelle appliqué à ces ressources génétiques reflète des injustices épistémiques. Les protections offertes privilégient les approches scientifiques dites "innovatives" et "susceptibles d’application industrielle", excluant ainsi de nombreux savoirs traditionnels et les contributions des communautés agricoles locales (Whatmore, 2002). En mobilisant la philosophie du droit (cosmopolitique, post-humaine et relationnelle) et des outils juridiques, cet article propose une relecture cosmopolitique des cadres juridiques pour dépasser une monoculture interprétative fondée sur des biais occidentaux modernes et positivistes. Il s’agit d’ouvrir de nouvelles perspectives, notamment en interprétant les droits suivants : le droit humain à la science, vu comme un droit à une participation active et inclusive (Besson, 2024) ; les droits des agriculteur·ices, la protection des savoirs traditionnels, les droits à l’alimentation (TIRPAA, UNDROP), ainsi que les droits bioculturels et la restitution post colonisation (UNIDROIT).
Midi-Conférence - Priscylla Joca
Horaire : 12h30 à 14h00
Date : 5 mars 2025
Nous avons le plaisir de vous inviter à la midi conférence virtuelle de Priscylla Joca, intitulé « Cosmopolitiques et consentement autochtones : les protocoles de consultation comme expression du droit vivant » qui aura lieu le 5 mars 2025 de 12h30 à 14h00.
Priscylla Joca est une chercheuse non autochtone brésilienne-canadienne et professeure à la Lincoln Alexander School of Law de la Toronto Metropolitan University. Ses recherches portent sur le droit de l'environnement, la justice environnementale, le pluralisme juridique et les droits des peuples autochtones et des communautés traditionnelles dans une perspective internationale et comparée, particulièrement entre le Brésil et le Canada. Elle a complété un stage postdoctoral à l'Université de Toronto et est titulaire d'un doctorat en droit de l'Université de Montréal ainsi que d'une maîtrise en droit constitutionnel de l'Université fédérale du Ceará (Brésil).
Résumé : S'appuyant sur la recherche doctorale « Consultation and Consent Protocols and Self-Determination: 'We Have the Right to Establish Our Own Way of Being Consulted' », cette présentation examine comment les protocoles de consultation élaborés par les peuples autochtones incarnent des ordres juridiques distincts et des cosmopolitiques qui se distinguent fondamentalement des approches étatiques de la consultation. Elle analyse également comment ces protocoles autochtones opérationnalisent le consentement libre, préalable et éclairé (CLPE) à travers les ordres juridiques autochtones, ouvrant ainsi des voies pour une consultation substantielle qui respecte l'autodétermination et les systèmes juridiques autochtones.
2024
2023
Midi-Conférence - Frédéric Laugrand
12h30-14h00
Salle A -1715
Pavillon Hubert-Aquin
400 Rue Sainte-Catherine Est (UQAM)
Nous avons le plaisir de vous inviter à la midi-conférence de Frédéric Laugrand, professeur d’anthropologie à l’université Catholique de Louvain, intitulé « À l’ombre du tonnerre. Objets et cosmologies chiroptériques dans les mondes asiatiques et austronésiens » qui aura lieu le 19 décembre 2024 à l’UQÀM
Résumé : Les chiroptères jouent un rôle important dans les savoirs et le quotidien de plusieurs collectifs situés en Asie et dans la ceinture austronésienne. Ils seront abordés ici à partir d’une problématique cosmo-éco-logiques et d’une série d’objets cérémoniels. Les illustrations proviendront de plusieurs collectifs, en particulier des traditions autochtones en Asie du Sud-Est et en Océanie, mais aussi d’ailleurs sous la forme de contre-points. Les recherches en cours qui associent études de cas et comparaison sont menées par une équipe de chercheurs au sein d’un projet ERC-Interspecific.
Séminaires virtuels
21 novembre 2024
28 novembre 2024
5 décembre 2024
Nous avons le plaisir de vous inviter aux séminaires virtuels interéquipes du projet « Cosmologies et territorialités autochtones contemporaines dans le Brésil méridional » qui vise à articuler les recherches liées au Laboratoire d'Études en Ethnologie, Éducation et Sociobiodiversités (ARANDU/UFSC/Brésil ) et celles développées par l'ERCA (Équipe de Recherche sur les Cosmopolitiques Autochtones) au Québec au Canada. Ces séminaires, coordonnés par Clarissa Rocha de Melo (post-doctorat en cours) et Rafael Benassi (doctorat en codirection), se dérouleront en ligne le 21 et 28 novembre et le 5 décembre.
Description : Ce projet est soutenu par le CNPq, avec l'objectif de renforcer le dialogue entre les équipes de recherche nationales et internationales. Il est coordonné par Antonella Tassinari (UFSC), avec la collaboration d'Edviges Ioris (UFSC) en tant que directrice au Brésil, et de Robert Crépeau (Université de Montréal) et de Laurent Jérôme (Université du Québec à Montréal) au Canada.
Ce projet a pour objectif de renforcer la compréhension des cosmologies autochtones comme sources de l'activité artistique, de la circulation des savoirs, de la production de normes socio-environnementales et politiques. Nous partons du principe que les cosmopolitiques autochtones opèrent entre les contextes traditionnels et contemporains, réalisant une continuité transformative, générant leurs possibilités et leurs conditions d'existence future. La compréhension des dynamiques de ces cosmopolitiques, enracinées dans les soins apportés aux territoires où sont cultivées des plantes, des personnes et des collectifs pour l'exercice du bien-vivre, à travers des liens locaux articulés à des réseaux de relations extra-locaux, constitue un défi pour les recherches menées par les deux équipes.
Pour le premier séminaire, nous aurons deux présentations, la première par Viviane Vasconcelos, doctorante en anthropologie sociale à l'Universidade Federal de Santa Catarina, et la seconde par Francine Pereira Rebelo, doctorante en anthropologie sociale à l'Universidade Federal de Santa Catarina et professeur à l’Instituto Federal de Educação, Ciência e Tecnologia do AmazonasIFAM.
Clarissa Rocha de Melo et Clarisse Sidney, doctorante à l’UQÀM, animeront la discussion.
Date : 21 novembre 2024
Heure : 12h30 - 14h00
Pour le deuxième séminaire, nous aurons deux présentations :
« Práxis decoloniais nas universidades Brasileiras: Reflexões a partir de produções acadêmicas de estudantes indígenas / Praxis décoloniales dans les universités au Brésil : Réflexions à partir de productions académiques d’étudiants autochtones » par Clarisse Sidney, candidate au doctorat en science des religions (UQAM) s’intéresse à l'inclusion des savoirs autochtones et afro-brésiliens dans les universités fédérale et provinciales de l'état du Pará, qui développent leurs curricula dans une optique de médiation entre la société nationale et les peuples d’Amazonie.
« Arandu: conhecimento é sentir o tempo agir no corpo / Arandu: la connaissance, c'est ressentir le temps agir sur le corps » par Oendu de Mendonça, doctorante en anthropologie sociale à l’Universidade Federal de Santa Catarina.
Date : 28 novembre 2024
Heure : 12h30 - 14h00
Pour le troisième séminaire, nous aurons trois présentations :
« Planta, política e cuidado: resistências Shipibo-Konibo frente à pandemia de covid-19 / Plante, politique et soin: résistances des Shipibo-Konibo face à la pandémie de COVID-19 » par Bianca Hammerschmidt, doctorante au Programme de Post-graduation en Anthropologie Sociale à l'Universidade Federal de Santa Catarina (PPGAS/UFSC).
« Equívocos em relação às telas do Movimento dos Artistas Huni Kuin (MAHKU): O que está colocado nas telas do MAHKU ? / Équivoques autour des toiles du Mouvement des artistes huni kuin (MAHKU): qu’est-ce qui est mis dans les toiles du MAHKU ? » par Benjamin Bruyère, programme de maitrise en sciences des religions Université du Québec à Montréal (UQÀM).
« Quando eu Era Pequeno Nunca Tinha Visto Soja”: Composições e Coexistências Kaiowá diante do monomundo / Compositions et Coexistences Kaiowá face au monomonde. » par Diógenes Cariaga, professeur à l'Universidade Federal da Grande Dourados (UFGD)
Date : 5 décembre 2024
Heure : 12h30 - 14h30
Table ronde - « Souverainetés narratives et représentations autochtones dans la Culture Pop »
Date : 14 mars 2024
Heure : 17h30 à 19h30
Lieu : W5215, pavillon Thérèse-Casgrain à l'UQÀM, Montréal
Nous avons le plaisir de vous inviter à la table ronde « Souverainetés narratives et représentations autochtones dans la Culture Pop » le 14 mars 2024 de 17h30 à 19h30 au W5215 à l’Université du Québec à Montréal. Lors de cette table ronde animée par le professeur Laurent Jérôme, nous accueillerons Widia Larivière, Bérénice Mollen-Dupuis et Jay Odjick pour discuter des enjeux liés aux représentations autochtones dans des domaines tels que le cinéma, la science-fiction, la bande dessinée et les jeux vidéo, des interrogations que cela soulève quant à la souveraineté narrative des peuples autochtones dans ces médias ainsi que des défis liés à une réelle décolonisation de ces espaces et de ces productions.
Widia Larivière
Née d’une mère Anishinabekwe, membre de la Première Nation de Timiskaming, et d’un père québécois, Widia Larivière est cofondatrice de l'organisme Mikana et co-initiatrice de la branche québécoise du mouvement Idle No More. Elle est également impliquée dans des projets documentaires et balados qui mettent de l'avant les voix des Premiers Peuples. Widia est fan de cinéma, de littérature et de bandes dessinées de science-fiction, fantasy, fiction de superhéros, fantaisie ainsi que de plusieurs franchises de culture populaire, ses préférées étant Marvel et Star Wars. Elle est également gameuse, cosplayeuse et collectionneuse d'articles geeks à ses heures. Afin de partager ses passions, elle a créé le blogue AnishinabeGeek et elle est régulièrement invitée sur le podcast On jase Marvel ainsi qu’au Cercle des geeks de l’émission Kuei! Kwe! sur ICI Première
Bérénice Mollen Dupuis
Née de parents passionnés de littérature et de cinéma de science-fiction, Bérénice Mollen Dupuis a été transportée très jeune dans différents univers fantastiques par ceux-ci. Innue de la communauté d'Ekuanitshit, elle est une grande fan de Star Wars ainsi que de la littérature d'Ernest Cline. Panéliste sur le podcast d’actualité geek l’Oasis 42: Hebdo Geek, Bérénice est aussi une artiste du perlage s'inspirant de cet art des Premiers Peuples afin de créer des objets qui font le pont entre tradition et culture populaire.
Jay Odjick
Jay est un artiste, écrivain et producteur de télévision de la communauté Kitigan Zibi Anishinabe au Québec. Après avoir travaillé pour plusieurs éditeurs indépendants, il a créé la bande dessinée POWER HOUR pour le site Movie Poop Shoot de Kevin Smith. Il a également écrit et illustré le roman graphique KAGAGI : The Raven, publié par Arcana Comics. Plus récemment, Jay a également été producteur exécutif, scénariste principal et concepteur de l'adaptation de la série animée Kagagi sur APTN. Jay et sa société de production ont créé trois versions audio de Kagagi - une en anglais, une entièrement en algonquin et la version diffusée à la télévision - en anglais avec 20 % de dialogues en algonquin. Kagagi figure parmi les seules bandes dessinées de créateurs à être adaptées à la télévision (avec Spawn, WildCATS, TMNT) et est l'une des premières, si ce n'est LA première série télévisée de super-héros produite et diffusée au Canada. En plus de son travail dans ces domaines, Jay est un activiste, un conférencier et a travaillé dans plusieurs domaines créatifs tels que l'illustration de livres pour enfants, ayant illustré sept livres publiés pour la première fois en ojibwé, écrits par l'auteur Robert Munsch, et a fourni des illustrations pour une réimpression de "The Midnight Meat Train" de Clive Barker.
Midi-Conférence - Khadiatou Sarr
5 décembre 2023
12h30-13h30
Nous avons le plaisir de vous inviter le 5 décembre2023 à la midi-conférence virtuelle de Khadiatou Sarr, doctorante à l’UQAM, intitulé : «Les droits forestiers des communautés Adivasis vs les législations de conservation des forêts en Inde » de 12h30 et 13h30.
Résumé : Depuis la fin du 19ème siècle, la législation relative à la protection des forêts s’est construite systématiquement en opposition aux droits fonciers Adivasis jusqu’à l’adoption de la loi sur les forêts de 2006. Pour la première fois, le Forest Right Act de 2006 va associer les droits forestiers des Adivasis et la conservation des forêts. Cependant, l’adoption de cette loi va conduire de nombreuses ONG de défense environnementales à dénoncer les effets catastrophiques de cette loi sur la conservation des forêts devant la Cour suprême de l’Inde en 2008. Après une longue saga judiciaire, la Cour suprême de l’Inde, le 13 février 2019 a ordonné à 21 États de l’Inde l’expulsion de plus de 1 178 285 Adivasis et habitants traditionnels des forêts au plus tard le 12 juillet 2019. La Cour suprême de l’Inde a finalement suspendu sa propre ordonnance quelques jours plus tard. Cette présentation va revenir sur l’opposition faite par l’Inde depuis la période coloniale entre les droits forestiers Adivasis et la législation relative à la conservation des forêts qui a fini par faire résulter l’ordonnance d’expulsion de 2019.
Khadiatou Sarr est actuellement doctorante au département des sciences juridiques à l’UQAM. Son sujet de thèse porte sur les droits fonciers des communautés Adivasis en Inde. De 2021 à 2023, elle a travaillé comme coordinatrice au réseau africain des peuples autochtones.
Table ronde - « Être sur le terrain »
23 novembre 2023
15h00 à 17h00
W-3235 - UQÀM – Pavillon Thérèse-Casgrain
Nous avons le plaisir de vous inviter à Table ronde sur les enjeux du travail ethnographique : « Être sur le terrain ». Celle-ci est organisée par Etienne Levac, Camille Varnier et Marwan Attalah avec l'Équipe de recherche sur les Cosmopolitiques Autochtones et aura lieu le 23 novembre 2023 de 15h00 à 17h00 à l’Université du Québec à Montréal.
Argumentaire : Dans son ouvrage, Les Argonautes du Pacifique Occidental, l'ethnologue polonais Bronislaw Malinowski déclarait résolument : « Proper conditions for ethnographic work. These, as said, consist mainly in cutting oneself off from the company of other white men, and remaining in as close contact with the natives as possible, which really can only be achieved by camping right in their villages. » (Malinowski, 2002, p. 5)
Il y a environ un siècle, l'approche ethnographique promue par Malinowski constituait une véritable révolution contre les anthropologues de salon. Cependant, beaucoup de choses ont changé depuis l'élévation de l'observation participante au rang de méthode d'enquête privilégiée et incontestée. Déjà en 1997, l’anthropologue Bruce Albert annonçait : « Traditional fieldwork, as canonized by Malinowski […] as we all know, dying out. Not because indigenous peoples are doomed to extinction […], on the contrary, because they are increasingly becoming subjects of their own history and readers of their own ethnographers » (Albert 1997, p. 53). En effet, au cours des dernières décennies, de très nombreuses critiques émanant de perspectives féministes, décoloniales et autochtones ont mis en lumière les problèmes liés à la manière dont les recherches sur le terrain ont été menées par le passé. Ces critiques portent notamment sur la position du chercheur, sa relation avec les communautés avec lesquelles il travaille ainsi que sur l'appropriation des données et des récits de terrain. C’est en partie pourquoi le travail collaboratif, la co-construction des recherches et la restitution et sont devenus des mots d'ordre dans le cadre de recherches avec des communautés autochtones dans les Amériques. Même avec ces changements, le travail de terrain en anthropologie - comme dans d'autres domaines des sciences humaines et sociales - reste au cœur de la discipline et constitue toujours une étape cruciale dans la collecte de données de recherche.Toutefois, la pression que les terrains ethnographiques font vivre aux communautés a mené des recherches à requestionner l’idée même de terrain comme seule méthode de collecte de donnée, comme c’est le cas de la géographe Arielle Frenette qui invite à questionner ce modèle de collecte de données par une autre méthodologie féministe qu’elle nomme le Story-listening (Frenette : à paraître- 2023).
Qui plus est, ce ne sont pas que les considérations éthiques qui ont évolué, mais également les méthodes et les lieux de collectes de données. À ce titre, la place de plus en plus prenante des réseaux sociaux et plus largement de l’ensemble du cyberespace dans la vie, autant des communautés que des chercheur·e·s a menée à des recherches ethnographiques seulement en ligne. On peut penser à l’anthropologue Tom Boellstorff et son analyse des usager·ère·s de Second Life (Boellstorff : 2015) ou de la thèse de l’anthropologue Cheyenne Connell sur les processus de valorisation identitaire en ligne des Ainu vivants en Amérique du Nord, deux recherches qui utilisent la notion de terrain digital (Connell : 2021).
L’objectif de cette table ronde sera moins de discuter des aspects théoriques du travail de terrain ni des questions éthiques en soi, mais de leurs impacts et des manières dont ceux-ci nous affectent. Comment le chercheur ou la chercheuse s'insère dans son domaine d'étude, l'expérimente et peut être influencé.e par cette expérience ? En d'autres termes, comment ses caractéristiques telles que son origine, son genre, son âge, son parcours personnel, social et/ou professionnel, ainsi que ses conditions d'existence, façonnent sa manière de mener des recherches et sa relation avec son sujet d’étude. L’ambition principale reste de discuter des problématiques liées au « terrain » en partageant nos expériences et les implications personnelles de ces enquêtes et séjours sur et dans ces espaces, ainsi que faire dialoguer et mettre en perspectives les différences et similitudes entre les terrains éloignés, les terrains proches et les nouveaux lieux de terrain.
Table ronde - Maxime Polleri et Sylvie Poirier
22 novembre 2023
11h30 à 13h30
Local DKN-5128, Pavillon Charles-De Koninck, Université Laval
Nous avons le plaisir de vous inviter à la table ronde : « Le loin et le proche : une discussion sur les défis du travail ethnographique avec les professeurs Maxime Polleri et Sylvie Poirier ». Celle-ci est organisé par l'Équipe de recherche sur les Cosmopolitiques Autochtones et aura lieu le 22 novembre 2023 de 11h30 à 13h30 à l’Université Laval.
Maxime Polleri est professeur adjoint au département d'anthropologie de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval, il est spécialiste en anthropologie socioculturelle et s'intéresse plus particulièrement au Japon et au Canada. Sa thèse de doctorat portait sur la gouvernance des risques de radiation après la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011. Son travail de terrain s'est déroulé dans des zones urbaines et rurales du Japon, principalement à Fukushima et à Tokyo. Sa recherche a été financée par la Bourse d'études supérieures de l'Ontario, le Conseil de recherches en sciences humaines et la Japan Foundation, entre autres. De 2018 à 2020, Maxime a été un MacArthur Nuclear Security Pre-doctoral and Post-doctoral Fellow au sein du Center for International Security and Cooperation de l'Université de Stanford. Pendant cette période, il a collaboré avec des membres de la faculté de Stanford et des étudiants de l'Université d'ingénierie et de physique de Moscou pour examiner les défis associés à l'énergie nucléaire et aux catastrophes, ce qui a donné lieu à une série d'articles pour le Bulletin of the Atomic Scientists. De 2020 à 2021, M. Polleri a été chercheur postdoctoral à l'Université McGill, dans le cadre du "Projet EPI-AI", une initiative de subvention de l'intelligence artificielle entre le Canada et le Royaume-Uni qui vise à réaliser un changement radical dans l'alerte automatisée aux épidémies mondiales en utilisant la surveillance des médias d’information.
Sylvie Poirier est professeure titulaire au département d’anthropologie de l’Université Laval et directrice, depuis 2018, de la revue Anthropologie et Sociétés. Ses domaines de recherche s’inscrivent dans les études autochtones avec un accent sur les ontologies et les territorialités autochtones contemporaines, les savoirs locaux et leur transmission, les stratégies et les pratiques de résistance. Des années 1980 à 2013, elle a conduit plusieurs séjours de terrain auprès des Autochtones du désert occidental australien. Elle est l’auteure d’une monographie, A World of Relationships. Itineraries, Dreams and Events in the Australian Western Desert (2005, UTP). Depuis le début des années 1990, elle mène des recherches collaboratives avec la Nation Atikamekw Nehirowisiw. Elle a dirigé et co-dirigé des numéros de revues et des ouvrages collectifs dont le plus récent, Contemporary Indigenous Cosmologies and Pragmatics (2021, UAP). Un ouvrage collectif qu’elle co-dirige avec Mario Blaser est en voie de finalisation, Territoires of Life : Equivocation, Entanglement and Endurance, et sera publié à University of Alberta Press.
La Journée d’étude et la Rencontre des co-chercheuses et co-chercheurs de l’ERCA 2023 a eu lieu le vendredi 6 octobre et le samedi 7 octobre 2023 au Baluchon Éco-villégiature.
La journée d'étude s’inscrit dans le cadre d’un projet de publication d’un numéro spécial en cours de préparation, « La situation coloniale à la lumière de l’archive », pour la revue Anthropologie et société. Dirigé par Natacha Gagné et Laurent Jérôme, ce numéro vise à mieux comprendre les relations complexes et mouvantes entre société coloniale et sociétés autochtones, c’est-à-dire le cadre politique commun aux acteurs en présence.
Cette journée de réflexion a donc été l’occasion d’un retour dans le passé en vue de contribuer aux débats actuels sur les mutations, voire la sortie des relations coloniales. À un moment ou l’autre de leurs recherches, les personnes actrices de la recherche, tant issues du milieu académique que des communautés ou organismes autochtones, doivent consulter et analyser des documents d’archives afin d’avoir une meilleure compréhension de l’État colonial, de ses institutions et de leurs effets sur les relations (politiques, sociales, juridiques, économiques…) entre les acteurs. Cette journée a donc proposé de donner la parole aux auteurs et autrices qui contribueront à ce numéro, mais également à susciter des réflexions sur la place et le statut de l’archive (écrite, orale, visuelle, numérique) dans les recherches.
Midi-Conférence - Antoine Laugrand
Date : 21 mars 2023
Heure : 12h30-13h30
sur Zoom
Nous avons le plaisir de vous inviter le 21 mars 2023 à la midi-conférence virtuelle d’Antoine Laugrand, doctorant à l’UCLouvain, intitulé : « Enjeux territoriaux chez les Ibaloy de Benguet aux Philippines : entre occupation et possession de la terre ».
Résumé : Au cours de la colonisation espagnole (1521-1898) et américaine (1898-1946), suite à des conquêtes militaires et des réformes foncières, les Autochtones des Philippines ont été successivement repoussés dans les montagnes et dépossédés de leurs terres. À l’aube du 21e siècle, bénéficiant d’un cadre juridique favorable, des coalitions autochtones ont réclamé des territoires ancestraux. Cette victoire a été possible grâce à de la cartographie participative organisée par l’État. En identifiant des frontières, les Autochtones ont pu obtenir des titres fonciers sur des domaines ancestraux. Si la législation philippine est remarquable en Asie du Sud-Est où très peu de pays ont accordé de tels droits aux Autochtones, l’application de ces lois se révèle être des plus complexes. Cette nouvelle réglementation a en effet créé une série de problèmes pour les communautés qui jouissent de ces titres. D’une part, les groupes font face à des industries ambitieuses qui réclament le droit d’exploiter leurs ressources. D’autre part, pour assurer leur présence sur l’espace, les Autochtones se voient obligés d’intégrer des titres de propriété communautaires et privés à leur système de tenure foncière. En me basant sur l’expérience des Ibaloy de Loacan, je présenterai comment, dans le cadre d’un changement de paradigme sur la loi foncière et d’une transformation des manières de représenter le territoire, les membres de ce groupe reconfigurent leurs rapports à l’espace. Pour les Ibaloy, les humains demeurent liés à la terre en perpétuant une relation d’échange avec leurs défunts. À cet égard, les vivants se considèrent comme des occupants – et non des propriétaires – qui cultivent la terre au nom de leurs ancêtres qui la possèdent.
Antoine Laugrand est doctorant en anthropologie à l'UCLouvain (Belgique). Ses travaux portent sur les savoirs des montagnards aux Philippines et les relations qu'ils entretiennent avec leur environnement et leurs non humains. Son livre Des nomades à l’arrêt. Corps, lieux et cosmologie des Blaan de Malbulen (Philippines), a été publié en 2021 aux éditions Academia. En tant que co-éditeur il a travaillé sur une série Verbatim de douze livres bilingues sur les savoirs des Ibaloy, des Blaan et des Alangan (https://pul.uclouvain.be/collection/?collection_id=116). Il a également publié comme auteur et co-auteur des articles sur les rituels, les chevaux, les oiseaux et les serpents, les chauves-souris, et les cochons dans des revues canadiennes, hollandaises, françaises, anglaises, philippines, et japonaises.
En espérant vous voir en grand nombre !
Midi-Conférence - Alban Da Silva
Le mercredi 25 janvier 2023 de 12 h 30 à 14 h 30 aura lieu la conférence-midi d'Alban Da Silva, ethnomathématicien, professeur en CPGE et docteur en histoire et philosophie des sciences, associé au laboratoire SPHERE (Université de Paris Cité). Sa présentation s’intitule «Le dessin sur le sable du Vanuatu : de l’ethnographie à la modélisation mathématique, un cas d’ethnomathématiques ». Elle sera donnée en présentiel à l’Université Laval dans le local DKN-3244 et en ligne pour celles et ceux qui ne pourraient être présent.e.s en personne.
Pour y participer en personne : aucune inscription nécessaire — local DKN-3244 à l’Université Laval. ou sur Zoom.
Cette activité est organisée conjointement par l’Équipe de Recherche sur les Cosmopolitiques Autochtones (ERCA), le Département d’anthropologie de l’Université Laval et le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA). Pour plus de détails, veuillez consulter l’affiche en pièce jointe ou l’annonce sur le site web de la Faculté des sciences sociales : https://www.fss.ulaval.ca/evenements/conference-midi-alban-da-silva
Pour toutes questions : ciera@ciera.ulaval.ca
2022
Midi-Conférence - Magda Helena Dziubinska
Nous avons le plaisir de vous inviter à la midi-conférence virtuelle de Magda Helena Dziubinska, «Peut-on se débarrasser de l’amour avec de l’eau de Javel ? Affects, genre et agencéités en Amazonie péruvienne », le 22 novembre 2022.
Magda Helena Dziubinska est professeure adjointe au Département d’anthropologie de l’Université Laval. Elle est titulaire d’un doctorat en anthropologie de l’Université Paris Nanterre. Depuis 2009 elle mène des enquêtes ethnographiques en Amazonie péruvienne auprès de deux peuples autochtones : les Kakataibo et les Shipibo (ensemble linguistique pano). Après une thèse de doctorat centrée sur les rapports asymétriques en Amazonie contemporaine et les nouvelles formes cérémonielles, ses recherches plus récentes s’organisent autour de trois axes principaux : les dynamiques de genre, les processus de patrimonialisation et les formes de l’engagement politique en Amazonie autochtone.
Date : 22 novembre 2022
Heure : 12h30-13h30
Lien : https://uqam.zoom.us/j/87233706720
En espérant vous voir en grand nombre !
Bonne journée,
L’Équipe de coordination
Conférence - Viviane Vasconcelos
La Conférence de Viviane Vasconcelos, « La circulation d’enfants Guarani et la perpétuation culturelle dans les terres autochtones de la côte de Santa Catarina », le 8 mars 2022.
Viviane Vasconcelos est étudiante au doctorat à l'Université Fédérale de Santa Catarina et actuellement chercheuse au NEPI - Nucleus for the Study of Indigenous Populations. Elle travaille sur les questions liées aux femmes autochtones Guarani et à la commercialisation de l'artisanat les villes du sud du Brésil. Sa maîtrise portait sur la circulation des enfants entre les villages guarani sur la côte de l'État de Santa Catarina.
Conférence - Christian Gates St-Pierre
« le Projet Tiohtià:ke: pour une histoire autochtone de Montréal »
24 janv. 2022
12:30 - 14:00 PM Montréal
Nous vous invitons à la conférence de l'archéologue et professeur Christian Gates St-Pierre le 24 janvier.
Cette discussion sera animée par le professeur Laurent Jérôme.
Le Projet Tiohtià:ke est un projet de recherche collaboratif entre trois partenaires institutionnels: le Conseil de bande mohawk de Kahnawa:ke, l'Université de Montréal et Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal. Né au moment des célébrations du 375e anniversaire de Montréal, en 2017, il vise à documenter et à faire connaître les millénaires d'histoire autochtone de cette même ville et que l'on célèbre bien moins souvent. Le projet vise aussi à décoloniser les pratiques archéologiques et à contribuer à la vaste entreprise de réconciliation avec les peuples autochtones. Le contexte, le fonctionnement et les résultats préliminaires du projet seront discutés lors de cette présentation.
Christian Gates St-Pierre est archéologue et professeur adjoint au Département d'anthropologie de l'Université de Montréal. Spécialiste de l'archéologie des peuples autochtones, ses travaux portent notamment sur l'alimentation et la culture matérielle des populations iroquoiennes du passé. Il s'intéresse aussi aux questions éthiques en archéologie, à la protection et à la mise en valeur du patrimoine archéologique, ainsi qu'aux pratiques collaboratives, restitutives et décolonisées.
Colloque de la société canadienne d’anthropologie (CASCA) 2022
L’équipe de l’ERCA a participé au colloque de la société canadienne d’anthropologie, CASCA 2022, se tiendra en personne du 11 au 15 mai 2022 sur le campus de l’Université de Regina, à Regina, en Saskatchewan en organisant une table ronde qui avait pour thématique : « À coeur ouvert » : terrains, conflits et (co)existences en milieu autochtone. Regards sur les « espaces ouverts » à partir des travaux de l’anthropologue Jean-Guy Goulet. »
Résumé : « Comment est ton coeur ? ». C’est par cette question qu’une interlocutrice wayuu de l’anthropologue Jean-Guy Goulet a tentée de savoir comment il se sentait après qu’il eut passé ses premiers jours sur le terrain. Cette anecdote, racontée par Goulet dans le livre 3 Des Possédés et leur monde, sert de point de départ à cette table ronde qui entend prolonger des réflexions, entamées dans un numéro spécial de la revue Recherches amérindiennes au Québec, autour de thématiques centrales de l’oeuvre de l’anthropologue canadien. À travers différents regards et expériences de terrain dans différentes régions du monde, cette table ronde réunira des chercheurs et des étudiants autour de trois axes liés aux travaux de Goulet : 1) Terrains et engagements : en quoi une « anthropologie de l'expérience » est-elle toujours d’actualité ? 2) De la réinterprétation des mythes à la transformation des rites : en quoi les rites, les mythes et les pratiques qui y sont liés sont-ils révélateurs des permanences et/ou des transformations des sociétés ? 3) « S’entendre et se comprendre » : quels sont les enjeux épistémologiques, politiques et sociaux liés aux multiples façons de construire et de vivre les (co)existences ?
Participant.e.s : Jean-Guy Goulet, Robert Crépeau, Anne-Marie Colpron, Aiko Cappé, Frédéric Laugrand, Laurent Jérôme, Carlos Adán Valbuena Chirinos, Carmen Laura Paz Reverol, Nelly García Gavidia, Camille Varnier, Marwan Attalah, Lionel Simon, Sylvie Poirier et Françoise Dussart
2021
Midi-Conférence - Ingrid Hall et Sébastien Brodeur-Girard
Droits de la nature et Cosmopolitiques autochtones
Conférence ERCA du 24 février de 12h à 14h
par Ingrid Hall et Sébastien Brodeur-Girard
Lien zoom sur invitation courriel
2020
Midi-Conférence - Frédéric Laugrand et Antonnella Tassinari
Conférence le 9 déc. 2020, de 12h à 14h: Restitution et transmission des savoirs - Présentations de projets
Avec la participation de Frédéric Laugrand (LAAP-UCL, Belgique) et Antonnella Tassinari (UFSC, Brésil)
Lien zoom vers l’événement par invitation courriel
2020-2022
Conférences ERCA
Nom
Aimée Craft
Titre
Le droit Anishinaabe concernant Nibi (l’eau)
Résumé
Aimée Craft est une avocate autochtone (Anishinaabe-Métis), professeure agrégée à la faculté de Common Law de l'Université d'Ottawa et chaire de recherche en Nibi miinawaa aki inaakonigewin – la gouvernance autochtone en relation avec la terre et l’eau. La professeure Craft est spécialisée en droit autochtone canadien et en traditions juridiques autochtones. Elle est une leader reconnue internationalement dans le domaine des lois Anishinaabe, des traités et de l'eau. Elle donne la priorité à la recherche dirigée par des autochtones et à la recherche interdisciplinaire, y compris les arts visuels et le cinéma. Elle codirige une série de recherche importantes sur la décolonisation de la gouvernance de l'eau et travaille avec de nombreuses nations et communautés autochtones sur les relations et les responsabilités des autochtones à l'égard de nibi (eau). Elle joue un rôle actif dans les collaborations internationales relatives à la mémoire transformatrice dans les contextes coloniaux et à la récupération des pratiques d'accouchement autochtones en tant qu'expressions de la souveraineté territoriale.
Médias
Ingrid HALL
Sébastien BRODEUR-GIRARD
Droits de la nature et cosmopolitiques autochtones
Ces dernières décennies, un nombre croissant de chercheurs, notamment issus de la philosophie et de l’anthropologie ont remis en cause la pertinence d’opposer nature et culture, qui serait spécifique aux sociétés dites occidentales modernes (Descola, Stengers). La nécessité d’opérer un décentrement s’est notamment imposée dans le droit (Hermite) sous l’effet conjoint des problèmes environnementaux croissants et des revendications des populations autochtones (Tsing). Des conceptions alternatives de la nature – moins anthropocentrées et plus écocentrées – sont ainsi mises de l’avant, donnant notamment lieu à l’élaboration de solutions juridiques diverses (Morris et Ruru). Parmi celles-ci, l’idée d’attribuer une personnalité légale a des éléments de la nature (rivière, montagne, parc national, etc.) connait une popularité croissante à l’échelle du globe. La reconnaissance légale de la rivière Whanganui en Nouvelle-Zélande dans le cadre du règlement d’une revendication māorie a récemment retenu l’attention du public (Collins). L’idée circule toutefois dans de nombreux autres pays tels que l’Inde, la Colombie et l’Australie, et elle s’exprime également à un niveau plus conceptuel dans la constitution de l’Équateur ainsi que dans la Ley de Derechos de la Madre Tierrade la Bolivie (Landivar et Ramilien). Les relations qu’elle entretient avec les ontologies autochtones demeure toutefois sujette à certaines réflexions critiques (Marshall), ce qui nous invite à vous proposer l’amorce d’une discussion croisant les perspectives disciplinaires.
Antonella TASSINARI
Frédéric LAUGRAND
Restitution et transmission des savoirs
Partie 1 : Valoriser la transmission des savoirs locaux et les restituer. Autour de quelques ateliers avec des autochtones aux Philippines et des Créoles à l’Île Maurice (F. Laugrand). Cette présentation expose le contenu d’un projet en cours, entamé en 2012, sur la transmission intergénérationnelle des savoirs dans plusieurs régions de la ceinture austronésienne. Dans un premier temps, l’historique du projet est présenté. Sont ensuite discutés les aspects inédits et propres à chacun des ateliers, les avenues choisies, les défis et les réalisations. La formation d’une relève autochtone ou locale est abordée pour montrer la dynamique qu’elle suscite à différentes échelles. Les premières activités ont été organisées en milieu inuit, puis aux Philippines, à l’île Maurice et à Taiwan. Dans un deuxième temps, la réflexion se déplace sur deux principaux médiums mobilisés pour la restitution des informations : le livre dont l’objectif est de rendre accessible des verbatims en plusieurs langues et d’alimenter éventuellement des écoles, et le film, qui permet de mettre en valeur des performances rituelles ou théâtrales.
Partie 2 : Mémoires de l’Oyapoque (A. Tassinari) La présentation sera une série de commentaires sur le projet de transmission des savoirs Memorias do Oiapoque. Ce projet a visé à rendre accessible des archives brésiliennes et françaises, sur les villages autochtones de l’Oyapoque, à des étudiant.e.s de la Licence Interculturelle de l’UNIFAP (Universidad Federal d’Amapa), ainsi qu’aux chercheur.e.s autochtones du musée Kuahi
Lien vimeo (accès public)
Colloques
Organisatrices, organisateurs
Ingrid HALL
Sébastien BRODEUR-GIRARD
Doris FARGET
Leila INKSETTER
Titre
Rencontres, reconnaissances et cosmopolitiques
Colloque
Journée d’étude des co-chercheurs et co-chercheuses de l’ERCA
Participant.e.s
Françoise DUSSART, Doris FARGET, Chiara LETIZIA, Christian GATES SAINT-PIERRE, Ingrid HALL, Camille VARNIER, Leila INKSETTER, Marwan ATTALAH, Natacha GAGNÉ, Juliette VANASSE
Laurent JÉRÔME
Raphaël PREUX
Restitution et valorisation des savoirs autochtones : quels enjeux, quels défis, quels outils
Conférence annuelle de la CASCA sur le thème “Engagements et enchevêtrements”
Françoise DUSSART, Robert CRÉPEAU, Carole DELAMOUR, Doris FARGET, Christian GATES SAINT-PIERRE, Marie-Pierre BOUSQUET, Antonella TASSINARI, Ingrid HALL