Colloque 2025 de l’ERCA
Thème : Cosmopolitiques des savoirs
JEUDI 3 AVRIL 2025
Evènement d’ouverture - présentation en co-modal de l’équipe ARANDU (Brésil)
Paulo Roberto Nunes Ferreira, Universidade Federal de Santa Catarina
Educação Escolar e Patrimônio Cultural: Esforços Huni Kui para construir políticas públicas e proteger infâncias / Education scolaire et patrimoine culturel Efforts Huni Kui pour construire des politiques publiques et protéger les enfances
Bruna Yoyapyre da Silva, Universidade Federal de Santa Catarina
Ritual da menina-moça guarani / Rituel des jeune filles guarani
Victoria Valduga Boeira da Silva, Universidade Federal de Santa Catarina
Cultivo do milho (avanti etei) entre os Mbya Guarani de Santa Catarina/Culture du mais (avanti etei) parmi les Mbyá Guarani de Santa Catarina
Debora Laa Priprá, Universidade Federal de Santa Catarina
Mudanças Na Constituição De Lideranças Xokleng / Changements Dans La Constitution Des Leaders Xokleng
VENDREDI 4 AVRIL 2025
Panel 1
Émile Duchesne, Université McGill
Le projet atanukana: présentation et prospectives d'un projet collaboratif de valorisation des données de la recherche
Marie-Pierre Bousquet, Université de Montréal
Les aviateurs autochtones, un sujet pour l'anthropologie?
Isabelle Bouchard, UQTR
Interactions entre les traditions juridiques autochtones et le droit civil français à travers les archives judiciaires et notariales au XIXe siècle.
PANEL 2
Kyla Scaife, UCLouvain
Négociations identitaires et patrimonialisation des savoirs autochtones: le cas des hnam rong chez les lahnars au Vietnam
Florian Lebret, Université Laval
La cosmologie kanak et les pratiques sur les réseaux sociaux numériques: l'interrelation du virtuel avec le monde invisible.
Aiko Cappé, UCLouvain
Peut-on apprendre des non-humains? Rencontre avec la forêt Tarkine (Tasmanie, Australie)
PANEL 3
Ingrid Hall, Université de Montréal
Vous avez-dit droits bioculturels ?
Sebastien Brodeur-Girard, UQAT
La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones: kaleidoscope ou miroir brise?
Natacha Gagne, Université Laval
Une justice française proche des Polynésiens? Le tribunal foncier comme révélateur
SAMEDI 5 AVRIL 2025
PANEL 4
Emilie Coulombe, Université de Montréal
“T'as pas écouté, je viens de te le dire!” : Ethnographie critique des pratiques de recherche en contexte anicinape
Camille Ouellet, UQAM
L'implication des jeunes au sein de processus de recherche et d'initiatives de transmission des savoirs en contexte atikamekw: Réflexions d'un terrain a Manawan
Émile Moreault, Université de Montréal
Projet Tciman la pratique du canotage comme expression de l'importance de l'eau dans la territ (eau)rialité des Atikamekw Nehirowisiwok d'Opitciwan
PANEL 5
Ariane Desjardins et Philippe Nadon, RCAAQ et UQAT
Decoloniser les relations entre les instances autochtones et le milieu de la recherche l'expérience circulaire de l'Observatoire des réalités autochtones urbaines
Alicia Vigneau, Université du Québec à Montréal
Considerations méthodologiques et théoriques au croisement des domaines de l'anthropologie, des études littéraires et des études de genre en contexte autochtone
Doris Farget et Stacy Bossum, UQAM et Uitshiten
Traditions juridiques et savoirs des Pekuakamiuinuatsh presentation de la démarche de recherche dans un projet partenarial en cours
Colloque 2024 de l’ERCA
Thème : Savoirs et créativités
À une époque où la redéfinition de la relation avec les partenaires sur le terrain est profondément déplacée de la sphère théorique à la sphère pratique, l’enjeu des « savoirs autochtones » et de leur rôle dans le monde universitaire et dans les secteurs privés et publics reste complexe. Comme l’ont noté Asselin et Basile : « Le fait de considérer la science comme supérieure aux savoirs traditionnels a fait en sorte que pendant longtemps – et c’est encore souvent le cas aujourd’hui – les questions et les priorités de recherche ont été définies par les chercheurs plutôt que par les communautés » (Asselin et Basile, 2012). L'une des questions est de savoir comment définir ces savoirs. De nombreux termes ont été utilisés pour les désigner, notamment « savoirs traditionnels », « savoirs autochtones » et « savoirs locaux » (Roué, 2012). Selon l’anthropologue norvégien Frederik Barth, les savoirs peuvent être conceptualisés comme l’ensemble des éléments que les personnes mobilisent pour mieux comprendre et agir sur leurs réalités (Barth, 1995; Barth, 2002). Les savoirs sont donc complexes et dépendent des contextes culturels, sociaux et politiques dans lesquels ils s’enracinent.
En contexte autochtone, ces derniers sont souvent transmis de génération en génération, fréquemment oralement, et reposent sur des réseaux de relations entre humains et non-humains et plus particulièrement, sur des expériences pratiques liées aux territoires et à la vie au sein des communautés (Battiste et Henderson, 2000). Ils ne sont pas immuables, mais au contraire flexibles et adaptables en fonction des changements et des contextes. Ces savoirs ne peuvent donc être compris qu’à la lumière des relations existant entre le local et le global (Poirier, 2004). Comme l'a souligné Jean-Guy Goulet : « Both experiential knowledge gained through dreams and/or visions and experiential knowledge gained in our land must pass practical tests. In both cases success in relevant activities, for example, hunting, curing, foretelling the future, provide the DeneTha with the crucial evidence that the acquired knowledge is valid. » (Goulet, 1998). Les savoirs locaux et autochtones sont souvent entrés en conflit avec ce que les sociétés dominantes considèrent comme des « connaissances scientifiques ». Il est important de s'interroger sur les cloisons entre ces deux types de savoirs, sur la manière de les articuler pour ouvrir des voies permettant de les intégrer dans de nouveaux modèles de connaissance.
Dans le contexte colonial contemporain, l’un des nombreux défis auxquels font face les peuples autochtones du Canada, mais aussi les peuples autochtones à travers le monde, est de continuer à transmettre leurs savoirs locaux (Poirier et al, 2014). Pour ce faire, certains peuples autochtones mettent en place de nouvelles initiatives pour favoriser la valorisation et la transmission de leurs savoirs (Poirier et al, 2014). Ces initiatives de valorisation et de transmission des savoirs peuvent être considérées comme étant porteuses et vectrices de résistance et de résurgence (Alfred, 2005; Charest et Tanner, 1992; Coulthard, 2014; Ortner, 1995). La préservation et la réappropriation de savoirs au sein et par les communautés autochtones, par le biais de divers moyens sociaux et technologiques, constituent un élément crucial de la résistance culturelle et sociale qui implique autant des pratiques sociales traditionnelles que l'intégration de nouvelles technologies. Des traditions orales et de l'éducation communautaire aux plateformes numériques et à la constitution de nouvelles archives, ces approches variées servent non seulement à protéger les savoirs autochtones, mais aussi à affirmer l'identité culturelle face aux pressions extérieures.
Par ailleurs, dans un souci de décoloniser la recherche, les chercheuses et chercheurs sont amenés à repenser leurs rapports et leurs relations avec les communautés ou partenaires autochtones avec lesquels ils ou elles travaillent et à s’engager auprès de ceux-ci (Jérôme 2008). Les chercheuses et chercheurs sont en effet appelés à se décentrer pour faire place à un paradigme, des méthodologies et une éthique autochtone de la recherche (Ellington, 2019). Face à ce paradigme, dans la recherche et sur le terrain, il est nécessaire de réimaginer de manière créative nos implications et nos méthodes. La créativité, qui peut être entendue ici comme la capacité ou le pouvoir de créer, d’imaginer ou de mettre en place quelque chose de nouveau est inhérente à ces processus (Éthier, 2020; Kaine et Bellemare, 2020). Pendant l’ensemble du processus de recherche dans le cadre de recherches collaboratives, les chercheuses et chercheurs sont constamment amenés à faire preuve de créativité. C’est en effet cette créativité et ce travail de « bricolage » qui permet aux chercheuses et chercheurs de naviguer dans ces expériences intersubjectives qui visent ultimement à coconstruire certains savoirs avec les personnes avec lesquelles il travaille (Audet, 2010 ; Hervé, 2010). La créativité se manifeste de différentes manières, mais souvent dans sa capacité à innover et transcender les frontières disciplinaires. Le développement de projet de recherche-création utilisant différents processus artistiques autant pour la collecte de données que pour la restitution est un bon exemple de ces innovations créatives en recherche (Dufour, 2021).
L'aspect créatif revêt une importance significative dans la gestion des projets de recherche. Il est pertinent de se demander comment modifier les pratiques afin de favoriser l'émergence de nouvelles collaborations. Les ouvertures disciplinaires, théoriques et même cosmologiques quant aux méthodes et aux positionnements de recherche permettraient-elles de corriger les déséquilibres historiques et actuels ? Ces initiatives pourraient-elles conduire à la création de protocoles éthiques novateurs, mieux alignés sur les perspectives des parties prenantes principales ? La préservation et la valorisation des savoirs sont également étroitement liées à la propriété des données de recherche par les communautés autochtones. Il est impératif de réduire l'asymétrie actuelle entre les institutions dominantes et les communautés dans la conversation et la gestion des savoirs, qu'ils soient traditionnels ou contemporains. La détention par les communautés de données brutes pourrait engendrer des interprétations divergentes et stimuler de nouvelles pistes de recherche.
Dans cette perspective, l’équipe de coordination de l’ERCA a décidé d’intituler son colloque Savoirs et Créativités. Nous souhaitons vous inviter à discuter à la fois des aspects personnels et professionnels du développement d’un projet de recherche et de nos engagements après la réalisation de celui-ci, mais également créer un espace d’échange pour nos réflexions et nos introspections sur le rôle de l’étudiant.e chercheur.se et sa relation avec la communauté d’accueil. Cet événement aura lieu le 25 et 26 avril 2024 à Montréal.
Cet appel à communications s’adresse aux étudiants et étudiantes du 2e et 3e cycle, en incluant les stagiaires postdoctoraux dont les recherches sont en cours ou terminées. Voici quelques pistes de réflexion pour le présent appel :
De quelle façon le travail de terrain amène les chercheurs.ses à faire preuve de créativité à la fois sur les plans personnels, méthodologiques et théoriques ?
Comment la question de la « propriété » des connaissances et des savoirs co-construits dans le cadre des recherches peut-elle influencer la dynamique de la recherche académique?
Comment peut-on favoriser une collaboration équitable entre chercheurs autochtones et non autochtones pour co-construire des savoirs dans le cadre des recherches?
Les anthropologues peuvent-ils prendre une place dans certaines des initiatives autochtones de valorisation et de transmission des savoirs locaux ? Si oui, de quelles manières ?
Veuillez noter que pour cet événement, nous acceptons les communications individuelles, qui seront ensuite regroupées en panels, ainsi que les propositions de tables rondes. L'idée est de créer un espace où nous pourrons dialoguer sur nos expériences sur le terrain, nos introspections méthodologiques et nos différentes pratiques de recherche.
À noter que nous attendons pour les communications individuelles et les tables rondes vos propositions de communication pour le 22 janvier 2024 avec les renseignements suivants : Prénom, Nom du ou des participant.e.s. avec leurs affiliations (universitaires ou autre), un titre, un résumé de 200 mots minimum (bibliographie non incluse).
Pour soumettre votre proposition, ou pour toute question, nous vous invitons à nous écrire à l’adresse suivante: infos@erca-equipe.ca
Colloque 2023 de l’ERCA
Thème : Être et devenir jeunes chercheuses et chercheurs : Construire, terminer, et pérenniser un projet de recherche
Nous avons le plaisir de vous inviter au colloque jeunes chercheuses et chercheurs 2023 de l’ERCA. Celui-ci aura lieu le 7 et 8 avril 2023 à Montréal sur le campus des sciences l’UQAM. Cette année, nous avons décidé d’intituler le colloque Être et devenir jeunes chercheuses et chercheurs : Construire, terminer, et pérenniser un projet de recherche. Ce colloque sera donc l'occasion de nous retrouver pour discuter et échanger sur ces questions, mais aussi partager les approches et méthodologies relatives à nos terrains de recherches.
Vendredi 7 Avril 2023 :
Lieu : Salle PK-1140, UQAM pavillon Président-Kennedy. 201, av. du Président-Kennedy, Montréal.
Horaire: 10h30 à 18h.
sur Zoom
Samedi 8 Avril 2023:
Lieu : Salle PK-1140, UQAM pavillon Président-Kennedy. 201, av. du Président-Kennedy, Montréal.
Horaire: 10h30 à 14h30
sur Zoom
Les déjeuners et les diners seront offerts, et un cocktail dinatoire sera organisé le vendredi soir.
En espérant vous voir en grand nombre !
L’équipe de Coordination de l’ERCA
Au cours des dernières décennies, la manière de mener des recherches avec les peuples et les communautés autochtones a radicalement changé au Canada, et en Amérique du Nord en général. L'élaboration de protocoles plus stricts sur la recherche avec des êtres humains entérinés dans l'Énoncé de politique des trois Conseils a permis de mieux structurer les recherches avec les communautés (Chapitre 9). Comme l’ont noté Suzy Basile et Hugo Asselin, au Canada, nous sommes passés« de la recherche sur les Autochtones à la recherche avec les Autochtones […], jusqu’à la recherche contrôlée par les Autochtones » (AsselinetBasile, 2012). Ces mesures - qui continuent d'évoluer - ont été introduites dans le but d'encourager l'adoption de lignes directrices en termes d'éthique pour les chercheur.se.s travaillant avec des communautés qui ont souvent confronté de manière déséquilibrée avec les institutions du pouvoir. L'objectif est de permettre à la recherche universitaire de mieux refléter les préoccupations des communautés. Même si de nombreux problèmes subsistent, comme les limites à une plus grande décentralisation de la recherche ou la possibilité d'allouer des fonds directement aux centres de recherche autochtones, ces initiatives espèrent renforcer le pouvoir des communautés. Face à ces évolutions et changements, quels sont les enjeux pour les jeunes chercheurs qui travaillent ou souhaitent travailler avec des communautés autochtones ? Mais aussi quels sont les défis pour les jeunes chercheurs autochtones à travailler avec leurs communautés ?
Par ailleurs, bien que tous les chercheur.se.s ne travaillent pas avec des communautés dans des pays ayant des protocoles éthiques aussi développés, les enjeux de restitution, de partenariat, d’approbation, de positionnalité et de relations de pouvoir sont apparus comme des aspects essentiels de la conduite d’un projet de recherche. Il est nécessaire de prendre en compte ces enjeux dans l'élaboration de méthodes de recherche, mais aussi de réfléchir à des stratégies de restitution et de transmission des connaissances pendant et après le projet. D’autre part, en tant que jeune chercheur.se, nous sommes souvent partagés entre plusieurs mondes, chacun doté de règles spécifiques et d’exigences à satisfaire. D'un côté, les normes de l'académie, en termes de production de connaissances, et de l'autre l'impératif du terrain et des partenaires en termes de réciprocité, d'implication et de participation. En effet, il est souvent attendu de l'étudiant.e qu'il progresse à un rythme imposé par le milieu universitaire et les institutions subventionnaires, alors que ces temporalités peuvent être en contradiction, voire en conflit avec la réalité du terrain.
De plus, même si, dans le cadre d'une recherche collaborative, la sélection et la réévaluation de nos objectifs de recherche conjointement avec nos collaborateurs sont des étapes clés, l'intuition et la curiosité personnelle restent des facteurs déterminants dans la conception de la recherche. Sur un plan plus théorique, le développement d'un projet de recherche, nous amène à nous ancrer dans un paysage académique normatif pour développer une recherche innovante. Dans ce processus, nous sommes confrontés à des choix discursifs, méthodologiques, mais aussi stratégiques. Comment préparer en amont les outils pour répertorier les données ? Comment classifier les données sur le terrain ? Quelle approche méthodologique est la plus appropriée ? D'où viendront les données : entretiens, observations, archives, ateliers, participation sur le terrain, données quantitatives ? Si à l'ERCA une large majorité dispose d'une formation anthropologique ou est liée à cette discipline, l'interdisciplinarité reste une caractéristique essentielle de nos méthodes de recherche. Cependant, cette ouverture disciplinaire ne nous dispense pas de devoir faire valider nos postures théoriques et nos méthodologies par nos pairs et nos directeur.trice.s. De plus, si le contexte épidémiologique actuel peut rendre plus optimiste quant à l'avenir, ces dernières années ont été difficiles pour les sciences sociales où le travail de terrain tient une place particulière dans la production de données de recherches. La pandémie ne fut pas la seule cause d’un changement de projet : contexte politique, enjeux personnels, rejet de notre projet de recherche... Face à ce type de problèmes, comment donc renégocier son projet ?
Dans cette perspective, l’équipe de coordination de l’ERCA a décidé d’intituler son colloque jeunes chercheurs et chercheuses : Être et devenir jeunes chercheuses et chercheurs : construire, terminer et pérenniser un projet de recherche. Nous souhaitons vous inviter à discuter à la fois des aspects personnels et professionnels du développement d’un projet de recherche et de nos engagements après la réalisation de celui-ci, mais également créer un espace d’échange pour nos réflexions et nos introspections sur le rôle de l’étudiant.e chercheur.se et sa relation avec la communauté d’accueil. Cet événement aura lieu le 7 et 8 avril 2023 à Montréal.
Cet appel à communications s’adresse aux étudiants et étudiantes du 2e et 3e cycle, en incluant les stagiaires postdoctoraux dont les recherches sont en cours ou terminées. Voici quelques pistes de réflexion pour le présent appel :
La première rencontre avec la communauté ciblée. Quel est le meilleur moment pour commencer?
La position et l’engagement de l’étudiant chercheur entre science et activisme.
La construction d’un projet de recherche entre théorie et terrain.
Les défis du quotidien lors du terrain. Ce que nous pouvons nous permettre pour réussir nos objectifs académiques.
La présence continuelle après la recherche, une nécessité?
Approche d’une méthodologie qui se veut adaptative avec la réalité du terrain
Veuillez noter que pour cet événement, nous acceptons les communications individuelles, qui seront ensuite regroupées en panels, ainsi que les propositions de tables rondes. L'idée est de créer un espace où nous pourrons dialoguer sur nos expériences sur le terrain, nos introspections méthodologiques et nos différentes pratiques de recherche.
À noter que nous attendons pour les communications individuelles et les tables rondes vos propositions de communication pour le 9 janvier 2023 avec les renseignements suivants: Prénom, Nom du ou des participant.e.s. avec leurs affiliations (universitaires ou autre), un titre, un résumé de 200 mots minimum (bibliographie non incluse). Pour soumettre votre proposition, ou pour toute question, nous vous invitons à nous écrire à l’adresse suivante: infos@erca-equipe.ca
Colloque 2022 de l’ERCA
L’équipe de Coordination de l’ERCA à plaisir de vous inviter au colloque jeunes chercheuses et chercheurs 2022 de l’ERCA. Celui-ci aura lieu le 28 et 29 avril 2022 à Montréal sur le campus de l’UQAM. Cette année, nous avons décidé de centrer le colloque autour des questions de restitutions, de réconciliations et de résistances en contexte autochtone. Ces enjeux, autant que les mobilisations contemporaines par et pour les peuples autochtones, posent la question de la position des chercheurs et des chercheuses vis-à-vis des communautés autochtones avec lesquelles ils et elles travaillent. Ce colloque sera donc l'occasion de nous retrouver pour discuter et échanger sur ces questions, mais aussi partager les approches et méthodologies relatives à nos terrains de recherches.
Jeudi 28 Avril 2022 - Salle la Chaufferie CO-R700, 175 avenue du Président-Kennedy de 11h à 19h ou Zoom.
Vendredi 29 Avril 2022 - W-5215, Entrée par le 455 boul. René-Lévesque Est de 9h30 à 16h ou Zoom.
JEUDI 28 AVRIL 2022
Laurent Jérôme et Marwan Attalah
Discours d’ouverture
Conférence d’ouverture : Arisokan e nta nantowi kaskeritaman: L'expérience de terrain dans son propre territoire.
Panel 1
L'utilisation de symboles dans les mobilisations sociales des Peuples autochtones, discussion autour du projet de thèse
La judiciarisation des luttes foncières adivasis
Modalités ethnographiques, potentiel décoloniaux et opportunités académiques
Panel 2
L'école en forêt, un espace-temps décolonial
Le dessin virtuel et animé, un outil pour mieux restituer
La collaboration et l'autodétermination en contexte anicinape
Vendredi 29 avril 2022
Panel 3
Le milieu : du désenchantement à la recosmisation
Devenir Témoins de Jéhovah peut-il s'inscrire comme un acte de résistance?
Initiatives liées au canot en contexte atikamekw nehirowisiw : Perspective des jeunes pour naviguer le contemporain
Un “trou de cul de chien” qui sait rire de hui-même ? : expériences terrain d'autodérision avec les Atikamekw Nehirowisiwok de Manawan
Panel 4
La cohabitation humain-chien en contexte autochtone: Comment reprendre le contrôle de la gestion canine ?
Les difficultés de coexistence entre différents régimes de gestion faunique : regards sur le pluralisme juridique et ontologique
Mickael Castilloux-Gaboury, UdeM
Opérations salmonicoles sur les territoires autochtones de l'ile de Vancouver : contexte, résultats et défis méthodologiques d'une recherche effectuée en temps de pandémie
Plusieurs événements récents ont marqué la mémoire collective au Québec et au Canada, comme les mouvements Justice pour Joyce, Chaque enfant compte et la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Pour les sociétés autochtones, ces mouvements ont tous un dénominateur commun : la volonté et la nécessité de cheminer vers une autodétermination concrète. Comme le souligne l’anthropologue Marisol de la Cadena : « A century ago, the idea of indigenous people as an active force in the contemporary world was unthinkable. » (De la Cadena, 2007). Contrairement à ce qui était pensé, les peuples autochtones à travers le monde ont fait preuve d'une ténacité et d'une force incroyables pour briser le plafond de verre et pour s’affirmer politiquement et socialement. Les acteurs autochtones s'affirment dorénavant dans de nombreuses sphères telles que la politique, l'éducation, le sport, la littérature, les arts ou le cinéma.
Pour les Premiers Peuples du Canada, la prise en charge complète de l’éducation par et pour les autochtones est par exemple un chantier prioritaire dont le processus est en cours depuis les années 1970 (APN, 2010; FIC, 1972; CEPN, 2002; CRPA, 1996). Depuis, de nombreuses initiatives pédagogiques ont vu le jour en fonction des divers besoins éducatifs en lien avec la réalité locale de chacune des communautés et dans d’autres contextes nationaux (Lévesque et Polèse, 2015; Smith et al., 2013). Outre la nécessité de faire des ponts entre les peuples, la formation des jeunes autochtones vise un apprentissage académique et professionnel classique, tout en participant à la valorisation de des identités et savoirs autochtone (Bastien, 2008). Dans le domaine juridique, une étape primordiale de la réconciliation avec les peuples autochtones du Canada consiste en la revitalisation et la reconnaissance des traditions juridiques autochtones (CVR, 2015). Les travaux de John Borrows, Val Napoleon et Hadley Friedland mettent en lumière les impacts du colonialisme sur les traditions juridiques autochtones et incitent à la résurgence de ses dernières entre autres par la juridicité contenue dans les pratiques, histoires et savoirs des Premières Nations, Métis et Inuit (Borrows, 2016; Napoleon Friedland, 2015-2016).
Ces processus de résistance en cours dans les communautés autochtones nous amènent à nous interroger sur la reconstruction de l’organisation sociale, politique et culturelle des sociétés autochtones altérées par la colonisation et la mise en place de mode de contrôle et de domination politiques et institutionnels, tels que le régime de l’indigénat (Merle et al., 2019) ou la Loi sur les Indiens. Par quels moyens les sociétés et cultures autochtones peuvent-elles recouvrer leur souveraineté ? S’interroger sur l’accès à la souveraineté soulève également la problématique des évolutions normatives et structurelles en cours au sein des cultures autochtones (Gagné, 2020). Les travaux de Benoit Trépied et Christine Demmer sur l’intégration du statut civil particulier en Nouvelle-Calédonie permettent d’illustrer les enjeux de l’institutionnalisation de la coutume et les processus de marginalisation qui en découlent (Demmer, & Trépied, 2017).
Ces enjeux, autant que les mobilisations contemporaines par et pour les peuples autochtones, posent la question de la position des chercheurs et des chercheuses vis-à-vis des communautés autochtones avec lesquelles ils et elles travaillent. Comment pouvons-nous adapter notre approche du terrain tout en développant une relation de confiance et harmonieuse avec nos partenaires ? Quelles approches méthodologiques favoriseraient une mobilisation des connaissances dans une perspective de restitution des données de la recherche ? Pour Napoleon, Friedland et Borrows, afin de s’engager de manière respectueuse dans la recherche, la réception de ces histoires, savoirs et pratiques doit s’effectuer selon la « logic of the gift », d’après laquelle les données récoltées sont des connexions vivantes, et pas seulement des objets (Kovach 2009). Les réflexions proposées par ces juristes servent de point d’ancrage aux chercheurs et chercheuses qui s’engagent dans des recherches collaboratives. Par ailleurs, de nombreuses démarches collaboratives (Goulet et Harvey-Trigoso, 2005, Loiselle et al., 2011) emploient des outils de collectes de données culturellement adaptés comme le cercle de partage. La reconnaissance et la valorisation des ontologies autochtones peuvent aussi contribuer aux innovations afin que recherche et justice sociale puissent coexister au Québec (Éthier, 2017; Jérôme. 2010; Poirier, 2014), au Canada et ailleurs dans le monde (Gagné, 2020; Salaün, 2013).
Dans cette optique, l’équipe de coordination de l’ERCA a décidé de centrer son colloque jeunes chercheurs et chercheuses autour des questions de restitutions, de réconciliations et de résistances en contexte autochtone.
Édition 2021 en ligne : Le Mois des étudiant.e.s
Thème : Trajectoires et pertinences contemporaines des traditions orales autochtones
Julien Laporte (UCLouvain) Quand traditions écrites et orales coexistent : l’expérience des Tao à Taïwan
Étienne Levac (UQAM) et Sipi Flamand (UQAT) Épistémologies Atikamekw Nehirowisiwok: gouvernance, transmission et territoire
Émile Duchesne (UDEM) et Arnaud Simard-Émond (UDEM) L’importance des entités associées aux excréments dans la tradition orale innue
Sarah Bourdages Duclot (ULAVAL) Les orientations xinguanas au coeur de la migration urbaine autochtone à Canarana (Brésil)
Raphaël Preux (UDEM) et Paul Codjia (McGill) Conversation sur les usages politiques du genre musical anen dans les sociétés achuar (Équateur) et wampis (Pérou)
Leopold Beyaert (UCLouvain) Les fonctions socio-politiques du joïk saami contemporain
Colloque 2019 de l’ERSAI
Thème : “Actualités de l’Autre-monde”, en hommage à Jean-Guy Goulet
Session “Nouvelles configurations de la transmission”
Nicole O’Bomsawin (Institut postsecondaire Kuina) Conférence d’ouverture
Javier Domingo (UDEM) La transmission de la langue comme valeur de quoi?
Raphaël Preux (UDEM) “Ils se disent civilisés mais ils ne savent plus chanter”. Regard d’une femme waorani sur la transmission
Session '“Nouveaux passés et actualités du mythe”
Marie Kirouac-Poirier (UQÀM) Réflexions sur la tradition orale contemporaine du Nunavik: nouveau passé et processus de mythification à Kangiqsualujjuaq.
Rubens Silva, (Université Federal do Oeste do Para, PPGCS/PPGSAQ- UFOPA, UQAM) Les images mythiques dans une perspective ethnologique: autochtones du Brésil et du Canada.
Session “Transformations in the field”
Anne Marie Colpron,(Département de Sciences des religions, UQAM) Équivoques ontologiques autour de l’ayahuasca? De l’importance du savoir expérientiel en contexte chamanique amazonien.
Kwami Edem Afoutou, (ULaval) Ethnographie sur un terrain familier : les défis d’une positionnalité.
Session “Au-delà du Grand Partage”
Émile Duschene (UDEM) Transformation de dons en marchandises chez les Innus de Unamen Shipu (La Romaine)
Annabelle Fouquet (ULaval) Les États incertains. Regards croisés sur le “pays”: Nouvelle-Calédonie/Québec
Colloque 2018 de l’ERSAI
Thème “Utopies et dystopies”
Session “Imaginaires environnementaux, patrimoniaux et territoriaux”
Julien Laporte, (ULaval/UCLouvain) Les déchets nucléaires et les anitos: des préoccupations contemporaines pour le futur?
Carole Delamour (UDEM/Museum d’Histoire Naturelle de Paris) (Re)définir et légitimer le sacré à la lumière des revendications patrimoniales
Jimmy Siméon (UDEM) Ilnu Assi, utopie ou dystopie
Mélanie Chaplier (McGill) Penser la carte selon une ontologie relationnelle: les territoires de chasse cris (Ndoho Istchee) entre dystopie et utopie
Katherine Wheatley (UofS) La Première nation Mikisew à l’UNESCO : La lutte pour un territoire traditionnel et un site du patrimoine en voie de développement
Session “Mémoires artistiques”
Julie Bruneau (UQAM) Walking With Our Sisters : une commémoration artistique collective par et pour les femmes autochtones
Isabelle Chrétien (UQAM) Les relations sociales des marionnettes balinaises : en quoi l’objet marionnette balinais est-il médiateur d’agentivité sociale ?
Session “Bien vivre aux futurs”
Raphaël Preux (UDEM) Quand le futur se donne à voir. Manières rêvées de « vivre bien » chez les Achuar de l’Amazonie équatorienne.
Marie-Ève Paquet (ULaval) Yatiri, offrandes et réciprocité: Vivir Bien et pratiques rituelles dans l'espace public dans les Andes contemporaines
Colloque 2017 de l’ERSAI
Session “Christianismes dans les communautés autochtones”
Raphaël Preux (UDEM) Dieu et arutam/Dieu est arutam. Paradoxes dans la réception du christianisme dans trois communautés achuar d’Équateur.
Marilou Maisonneuve (UQAM) Processus de guérison chez les femmes innues dans le mouvement évangélique à Uashat mak Mani-Utenam
Edem Afoutou (ULAVAL) La spiritualité traditionnelle des Éwé du Togo face au Catholicisme: utopie, imagination et identité de genre.
Marie-Charlotte Pelletier de Koninck (UDEM) Conversion au pentecôtisme et reconfigurations sociales chez les Kaingang du Brésil: une nouvelle élite féminine en émergence
Session “Êtres autres qu’humains et ontologie”
Aïko Cappe (ULAVAL) Un loup qui divise: ethnographie d’un absent
Émile Duschene (UDEM) Maitre des animaux et rapport au pouvoir chez les Innus
Session “Rituels et transformations”
Catherine Charest (ULAVAL)Le tatouage des femmes à Haïti, une marque empreinte de spiritualité
Paul Wattez (UDEM) La pratique actuelle de la tente tremblante à Waswanipi: les évolutions de la sphère cérémonielle et des pratiques anthropologiques dans un monde eenou transformé.
Session “Mobilisations politiques autochtones”
Léane Tremblay (ULAVAL) Transformations identitaires et politiques: rencontre autochtone au Brésil
Caroline Nepton Hotte (UQAM) Identités et cosmologies autochtones à l’ère du 2.0: les réseaux sociaux comme leviers de résistance et d’autonomisation pour les femmes autochtones.
Annick Hernandez (UDEM) Récits numériques autochtones: l’utilisation des technologies de l’information dans la création de nouveaux espaces de transmission.
Colloque 2016 de l’ERSAI
Session “Ontologie et politique”
Pierre Bédard (ULAVAL) Immanentisme, holisme et ontologies autochtones
Benoit Éthier (ULAVAL) Nehirowisiw otiperitamosowina.Ontologie politique des négociations territoriales chez lesAtikamekw Nehirowisiwok (Haute-Mauricie, Québec)
Session “Femmes et dynamisme religieux chrétien”
Marie-Charlotte Pelletier-De Koninck (UDEM) Le Pentecôtisme sous l'oeil des femmes kaingang : Adaptations et transformations suite à la conversion
Marilou Maisonneuve (UQAM) Identités, genres et dynamiques religieuses autochtones: les femmes innues et le mouvement évangélique à Uashat mak Mani-Utenam (Côte-Nord, QC, Canada)
Session “Rituel et cosmologie”
Isabelle Chrétien (UQAM) Des marionnettes et des dieux: le triangle relationnel performeur-acteur-audience dans le rituel Wayan Lemah balinais.
Séraphin Bella Ndegue (ULAVAL) Cycle lunaire, temporalité et identité humaine: Pistes d’analyse comparative entre les Inuits de l’arctique canadien et les Beti du Cameroun.
Christine Tougas (UQAM) Des racines des arbres et des humains : étude de la vie sociale des arbres dans la cosmologie atikamekw nehirowisiw d'Opitciwan.
Sarah Bourgades-Duclot (ULAVAL) Être femme et lutteuse. Étude d’une pratique corporelle sportive et ritualisée chez les femmes Kuikuro, dans le centre-ouest du Brésil
Session “Autochtonie en contexte urbain”